• cecilebelonie

L’apport de la médiation artistique dans le travail de psychanalyse active intégrative ?

Par expérience, la médiation artistique est une formidable occasion de jouer avec la matière et d’établir un dialogue entre la psyché et le monde extérieur. Cette médiation a l’avantage, dans le cadre d’une séance de psychanalyse avec un adulte, de lui permettre de changer de registre. De passer d’un registre exclusivement verbal parfois “trop bien” maîtrisé, et qui risque de ne rien changer en profondeur, à la possibilité de s’ouvrir à une autre manière de se percevoir.


Se percevoir sous un autre angle

La proposition crée généralement un effet de surprise, tant elle est inhabituelle à l’adulte. Une fois remis de sa crainte d’être ridicule, de ne pas savoir faire ou de décevoir, l’analysant peut expérimenter une autre manière d’approcher une situation qui le touche. Il s’agit de l’accompagner de manière bienveillante dans une expérience concrète de soi, qui ne sollicite, ni la maitrise, ni le savoir-faire, ni de le placer dans une position délicate.

Ce qui va se jouer fait partie du processus de transformation et permet de partir d’une information brute souvent inaccessible par les mots, parce que refoulée ou pré-verbale, et de lui donner une forme physique, acceptable, regardable et transformable.

L’expérience dont on parle ici, mobilise le corps, le ressenti et les émotions. Elle remet en mouvement ce qui a pu être interrompu ou parle du manque de ce qui n’a pas pu être initié. Le dialogue peut enfin s’établir entre l’adulte d’aujourd’hui et le petit enfant qu’il a été.


Symboliser un évènement non-éclairé ?

Il est donc question ici de s’inscrire dans un processus d’élaboration et "de réparation” qui va permettre, non seulement, de représenter, de symboliser, de mettre en scène un évènement non-éclairé, mais aussi, d’accéder à un ressenti douloureux sans nom et de lui donner une forme figurable et un premier sens acceptable. Le fait de repasser par l’émotion qui lui est liée va être l’occasion, pour la personne, d’accueillir et nommer cette émotion, de verbaliser ce qui a manqué à “l’enfant blessé” et de faire un geste d’apaisement en sa direction. Ce sera aussi éventuellement, l’occasion de faire de nouveaux liens vers d’autres souvenirs, d’autres évènements.

Il s’agit ici que la personne traverse l’expérience d’exilé de soi, de se percevoir, ne serait-ce qu’une fois, être un autre que lui-même… de créer les conditions pour que le sujet se rencontre comme venant du dehors, étranger à lui-même et s’approche de l’espace le plus intime de son être.


Un espace possible de changement ?

Comme nous venons de le voir, le travail de la médiation artistique ne saurait se concevoir sans passage par la verbalisation dans un second temps. Ce moment essentiel au processus de symbolisation est constitué par l’accueil du ressenti de l’analysant, par le travail d’associations à partir de ce qui s’est joué et de ce qui se voit, c’est un temps précieux d’élaboration avec le soutien de la mise en mot du clinicien.

Ainsi, le premier temps, avec le travail de transformation de la matière, se situerait dans le stade de symbolisation primaire (pré-verbal), alors que le second temps qui engage la mise en mots se situerait au niveau du stade de symbolisation secondaire. Et c’est la répétition du processus : le passage du registre perceptif à celui du figurable, puis celui de la verbalisation, qui va permettre d’expérimenter et d’initier un chemin réparateur et inédit.


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